Inviter le chaos – 17 et 18 novembre 2018

Inviter le chaos – 17 et 18 novembre 2018
Formateur : Jaber Lutfi
Horaire : 9 h à 17 h
Coût : 110 $
Lieu : Salles 122 et 123 du Complexe Whissell (530 rue Charles-Augustes-Montreuil, Saint-André-Avellin)

Cet atelier est offert en partenariat avec Culture Outaouais
Clientèle visée: artistes professionnels et en voie de professionnalisation

Vous vous entraînez principalement à incorporer le hasard et ses accidents dans un tableau. La pratique de ces deux exercices puissants stimule l’intuition en lui ouvrant toutes grandes les portes. Deux exercices, deux manières de voir, deux manières de composer. Utiles à tous les artistes! Lorsque vous les aurez essayés, vous vous en servirez régulièrement, peu importe votre médium : peinture, gravure, dessin, sculpture, collage, céramique, bois, couture, etc.

Jour 1
COLLAGE PHÉNIX
Le principe le plus commun en collage est l’association de plusieurs images disparates. Ce n’est pas ce qu’on fait dans cet exercice. Ici on choisit une seule image, on la défait, puis on la recompose autrement.

On peut la recomposer à l’infini, en tirer mille images, et l’image de départ restera toujours lisible. Comme le phénix, elle renaît de ses cendres, mais transfigurée.

Cet exercice favorise la liberté et l’expressivité. On délaisse momentanément les modèles classiques qui ont fait leurs preuves. Nous imaginons le bizarre, le brut, l’impossible, l’étrange. C’est aussi, accessoirement, un remède à la peur du figuratif. Ça dégourdit.

TOUT VOIR (ABSTRAIT)
On commence par coller des papiers imprimés au hasard puis on barbouille le tout de peinture pour obtenir un fouillis. Comment harmoniser rapidement ce fouillis, totalement chaotique, sans rien réduire de sa complexité ni rien perdre de sa richesse? Ce cours propose une méthode efficace pour percevoir et intégrer à la composition le moindre coup de pinceau accidentel, la tache la plus minuscule, toutes les textures du hasard, les innombrables couleurs…

Cet exercice, en plus d’aiguiser l’œil de l’artiste, réaffirme la primauté de son regard personnel rompant radicalement avec le regard, les attentes, voire l’appréciation des spectateurs.

Jour 2
TOUT VOIR (FIGURATIF)
Même principe appliqué à la figuration (pas besoin de savoir dessiner). Ce qui est représenté s’anime avec éclat et subtilité. On prend toute la journée pour bien assimiler les notions.

Note de l’artiste
Dans la description de cet atelier, je parle de rompre avec les modèles et avec les spectateurs. Mais alors? Sans modèles à imiter et sans spectateurs, que fait l’artiste? Une des tâches ardues des artistes est de créer une œuvre originale, « sans mode d’emploi ». C’est une quête pour le moins malaisée.

Déjà, on la trouve où, l’originalité? Bonne chance à celles et ceux qui la cherchent!

Il y a un autre problème, tout aussi fondamental. En même temps qu’on demande aux artistes de « l’originalité », on leur demande de rapporter leurs belles découvertes à la société. Collectivement nous aimons la beauté encadrée, assujettie à la sagesse, avec une place assignée dans l’économie du monde, complètement dégagée du chaos, cultivée. Nous aimons les amours socialisées et domestiquées. Or les arts murissent mieux dans l’ombre, au désert solitaire et dans le silence, là où la beauté flirte avec la folie. C’est là que le regard personnel de l’artiste peut s’épanouir et trouver l’origine de la création.

Je tente, avec le contenu de ce cours, de maintenir le regard des étudiantes tourné vers ce désert, caressant librement la folie. « Ne vous retournez pas tout de suite! ».

 

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Matériel

Compris dans les frais d’inscription

Biographie du formateur

Artiste peintre né au Liban. Vit et travaille à Montréal.

Formé d’abord à l’atelier de Francine Labelle, Jaber Lutfi a obtenu
un baccalauréat en arts plastiques de l’UQAM, concentration peinture, en 1990. Depuis, il a présenté plus de 25 expositions individuelles, notamment à la galerie Palardy, à la galerie SAS et à la galerie St-Laurent+Hill (Ottawa) qui le représente actuellement.
Il a participé à de nombreux événements collectifs en art contemporain, dont Art Souterrain, Papier et Collectionner l’art.
À l’extérieur du Québec : en 2008, il représentait la galerie SAS à la foire internationale d’art contemporain de Strasbourg, St-Art.
Il fut sélectionné pour prendre part au Toronto Outdoor Art Exhibition, à l’Old Town Art Fair (Chicago) et au Colombus Arts Festival (Ohio).
La presse spécialisée a couvert régulièrement son travail (Vie des arts, Voir, Radio-Canada et Le Devoir, entre autres).

Depuis sa première peinture de longue durée en direct, lors du Symposium international de la jeune peinture au Canada de Baie-Saint-Paul (1987) il a créé quatre autres tableaux en présence de spectateurs : à son atelier, à la Maison de la Culture Rosemont-La Petite-Patrie ainsi qu’à la galerie SAS. Chaque événement a duré un mois.

À la suite de la réussite de ces premières expériences, Jaber Lutfi organise actuellement, dans divers lieux culturels, une tournée de peinture devant public, intitulée Parade nuptiale. Depuis 5 ans, il donne des cours de collage et de peinture à son atelier et dans divers locaux de regroupements d’artistes.