Variations Abyssales

Variations Abyssales
Artiste : France Grenier et Suzanne Charbonneau
Date : 5 mai au 13 juillet 2018

Variations Abyssales est la vision de deux artistes en arts visuels fascinés par la vie marine, par ses formes parfois inusitées ainsi que de ses couleurs éclatées.   Cette représentation qui se veut imaginaire s’apparente aux animaux et aux décors du fond abyssal océanique, autant par leurs couleurs que par leurs lignes étranges.  Un lieu mystique, de recueillement, un monde où il est possible de découvrir l’inimaginable. Une immersion à vivre.

France Grenier a toujours été fascinée par la découverte des fonds marins et des mondes qu’ils sous-tendent; formes organiques, structures minérales, formes fluides empreintes du mouvement incessant des courants  qui les baignent et les transportent. Ces œuvres sculpturales aux textures et couleurs  parfois éclatées nous entraînent dans ce monde ou l’argile par sa malléabilité vient traduire sa poésie.

Suzanne Charbonneau utilise les encres de dispersion qu’elle travaille sur un support synthétique.  Des formes ludiques, aux couleurs brillantes et transparentes  posées dans un espace blanc,  sont en suspension entre deux mondes. Elles sont en mouvance.  Appliquées avec l’eau, le geste entraîne ces encres laissant des traces sur le support qui nous font rapidement penser aux trainées tentaculaires des méduses.

Le vernissage en présence des artistes se déroulera le samedi 5 mai à 16 h.
Cette même journée, de 13 h à 16 h  Suzanne Charbonneau animera un atelier de sa technique d’Encre de dispersion sur support yupo. L’atelier est gratuit!

Biographie de l'artiste

France Grenier – Démarche artistique
J’explore un monde onirique d’inspiration minéral et vivant; tout en évoluant dans l’espace et dans le temps au gré d’un vécu qui se forge.
J’utilise différents aspects du modelage, de l’assemblage, pour construire mes œuvres. Expérimentant les qualités des argiles comme la porcelaine, le semi-grès, le grès. Ainsi que des couleurs vitrifiées (glaçures) à haute température. Des cuissons au four électrique, four à bois, technique RAKU, ainsi que l’enfumage.
L’œuvre que je produis s’inscrit dans une ambivalence entre l’expression de la matière et un certain contrôle sur celle-ci. L’acquisition d’expériences se combinant aux empreintes, permet l’éclosion d’un présent qui n’oublie pas que l’argile tout comme moi est malléable et se souvient.
Les traces à la surface de la matière sont l’expression de tous ces souvenirs et demeurent des représentations intimes… Ainsi l’œuvre d’influence abstraite ou même réaliste, priorise un certain symbolisme, libérant l’inconscient tout en transcendant l’expérience esthétique.
Mes sculptures s’apparentent aux structures animales, végétales ou minérales, et elles sont l’aboutissement de choix, de gestes spontanés, de mouvements accidentels et de tensions internes du substrat.
Ce dialogue avec la matière permet un questionnement, une interprétation sur la beauté et l’esthétisme, une réflexion sur des visions du monde.

Suzanne Charbonneau – Démarche artistique
«Tenter de reproduire l’émotion qui m’envahit».
Voilà que l’abstraction m’a séduite et a changé mon approche à l’expression visuelle.
Soutenue par mon bagage de tisserande et de graphiste, mon travail s’articule principalement autour des textures, des couleurs et des contrastes laissés par celles-ci.
Je suis préoccupée et touchée par les grandes questions de l’heure: le réchauffement climatique, l’utilisation des OGM dans l’alimentation, les altérations apportées à la flore ainsi qu’à la faune, comme les déformations chez les poissons, organismes vivants subissant les ravages des produits chimiques, les racines des nos arbres, grande source de l’air que nous respirons, attaquées par ces mêmes produits, tout cela nous forçant à réfléchir sur ce qui nous est essentiel: la vie.
C’est ce sentiment d’incapacité à changer ce mouvement qui provoque en moi une urgence dans le geste. Je tente de reproduire l’émotion qui m’envahit.
Tout comme le graffiti, je tente par mes œuvres d’éveiller une conscience politique et sociale et dans ce sens mes œuvres s’en rapprochent.
La spontanéité de mes gestes est mise en valeur par le choix d’un support hydrofuge.
Le polypropylène m’offre la possibilité d’une grande limpidité qui soutient mon écriture visuelle.
Influencée par l’écriture japonaise, j’utilise aussi parfois l’encre de chine directement sur toile blanche explorant ainsi les zones grises qui se créent par l’absorption de celle-ci sur le support. L’abstraction est pour moi une démarche en continu, ne sachant pas nécessairement à l’avance ce qui se passera sur la feuille je suis forcée de m’abandonner et de laisser surgir l’expression du sentiment présent.